« TERRE ROUGE » au GATHERING OF NATIONS d’Albuquerque.                 
 
 Partis de Bordeaux le 11 avril 2004 à 10h30 nous arrivons, après une escale à Atlanta, à l’aéroport de Dallas (Texas) à 23h45.La société de location de voitures chez laquelle nous avions réservé un véhicule depuis la France nous annonce qu’elle n’a aucune réservation nous concernant certainement suite à un oubli informatique de leur succursale française ! Par chance, l’employée, comprenant notre désarroi, fait tout son possible pour régler notre problème et après trois heures de tractations avec sa direction nous prenons possession d’un 4 X 4 Chevrolet Suburban (8 places) au lieu de la berline (5 places) prévue à l’origine.                        
 
   Nous prenons la route en direction de notre prochaine destination qui est Shawnee en Oklahoma. C’est une petite ville au sud-est d’Oklahoma City. Malgré quelques difficultés pour sortir de Dallas nous pouvons poursuivre notre route grâce à une sympathique patrouille de police qui nous escorte jusqu’à l’autoroute que nous recherchions.                     
 
   Nous arrivons à Shawnee au petit matin où nous prenons un peu de repos dans nos chambres du MOTEL 6 réservées par nos amis Cherokees. Ce sont eux qui, tout au long de la semaine suivante, nous proposeront et organiseront les différentes visites de musées et autres curiosités de leur région.                          
 
                                               Le « National Cowboy & Western Héritage Muséum ».                    
 
  Situé à Oklahoma City, le Western Héritage Muséum est le plus grand de la région. Toujours accompagnés de Jénifer et Stéphanie, nos amies Cherokees, nous sommes accueillis par un guide apparemment prévenu de notre visite.                        
 
 Après nous avoir rapidement présenté les différentes salles du gigantesque musée nous prenons place à l’intérieur d’une monte charge. A notre grande surprise, nous descendons au sous-sol et arrivons dans une salle de police où les agents nous demandent nos passeports. Nous sommes ensuite conviés à déposer nos blousons, nos casquettes et nos sacs et à remplir un registre indiquant nos noms, adresses et heure d’arrivée.                       
 
    Notre guide, équipé de gants blancs, ouvre une nouvelle porte et nous invite à le suivre. Nous comprenons alors que nos amis ont organisés pour leurs petits « frenchy » une visite très particulière car nous nous trouvons maintenant dans la salle des coffres du musée.                 
 
  Ayant très certainement été mis au courant de notre passion pour la Culture Amérindienne notre guide nous dévoile, bien rangés dans les tiroirs des armoires blindées et enveloppés dans du papier, une multitude d’objets d’époque.                      
 
Tour à tour s’offre à nos yeux des robes perlées, des jambières, des ceintures, des coiffes en plumes d’aigle, des ceinturons, des arcs et leurs carquois… etc… etc… ! Pendant près de deux heures nous avons les yeux « ébouriffés » par tant de beauté. Quel spectacle ! Nous ne sommes pas prêt de l’oublier !                          
 
   Après avoir déjeuné au restaurant du musée, nous passons le reste de la journée à nous émerveiller devant les innombrables vitrines du gigantesque bâtiment consacrées aux Colons, à la Cavalerie, aux Amérindiens, au Rodéo, à la cinématographie western… Il y a même un village reconstitué en intérieur où l’on peut se promener sous les lampions d’une nuit artificielle et dans laquelle résonnent mille bruits : marteau du forgeron sur l’enclume, sons des voix du saloon, cri d’animaux nocturnes etc…                                          
 
                                                         STILLWATER : Pow Wow in Oklahoma                        
 
 Il y a un Pow Wow à Stillwater et nos amis nous proposent de nous y accompagner. Ce sera notre premier Pow Wow aux USA.                        
 
 Il est organisé dans un gymnase et environ 200 participants ont répondus à l’invitation. Nous entrons dans la salle équipés de nos costumes ; à l’intérieur la « Grande Entrée » à déjà commencé. La danse suivante est une « Intertribal ». D’un signe, nos amis nous invitent à y participer. Au son des Drums nous nous lançons dans le Cercle. Nous avons l’impression que tout le monde nous observe ! Mais est-ce bien une impression ?                       
 
  Nous participons ainsi à plusieurs danses jusqu’au moment de l’entracte. C’est alors que le « speaker » nous demande de nous regrouper tous les cinq sur l’aire de danse et, à notre grande surprise, il nous fait l’honneur de nous présenter à toute l’assemblée. La foule nous récompensera d’un tonnerre d’applaudissements et les drumers battront leurs tomes en notre honneur ! Quelle fabuleuse surprise ! Nous qui voulions passer inaperçu c’est raté !...                     
 
                                                                Une journée à l’Eglise Baptiste :                        
 
 Aujourd’hui c’est dimanche. Nos amis doivent se rendre à Oklahoma City pour servir un office religieux et ils nous proposent de les accompagner. Nous arrivons, au début de la matinée, devant un grand bâtiment de briques rouges sur le côté duquel est suspendu un long panneau blanc sur lequel on peut lire : « INDIAN NATIONS – Baptist Church ». A l’intérieur il y a déjà de nombreuses personnes et surtout beaucoup d’enfants. Nous entrons dans une pièce et nous nous asseyons sur l’un des nombreux bancs alignés devant l’autel installé en haut d’une estrade.                     
 
  Au cours de l’office de nombreuses personnes prennent la parole. Puis nous participons aux prières et aux chants magnifiquement accompagnés à l’orgue par Stéphanie. Puis l’officiant nous demande de le rejoindre sur l’estrade pour nous présenter à l’assemblée. Il nous explique que les petits enfants présents sont les écoliers qui ont bénéficiés du colis de matériels scolaires que nous leur avions fait parvenir depuis la France et qu’il profitait de notre venue pour nous remercier et nous demandait de rapporter leurs sincères remerciements à toutes les personnes qui avaient contribuées à cette donation : ce que nous nous empressons de faire dans ces lignes. A la fin de l’office, toutes les personnes présentes se serrent la main avec un mot d’amitié.                        
 
 Nous nous dirigeons ensuite dans une pièce proche ou un repas a été organisé pour pouvoir déjeuner tous ensemble. Après le repas nous assistons, jusqu’à la fin de l’après-midi, à un cours de Langue Séminole prodigué par un professeur Amérindien.                    
 
                                                               Départ vers le nouveau Mexique :                          
 
 Nous sommes au milieu de notre deuxième semaine. Il est temps pour nous de rallier Santa Fé au Nouveau Mexique afin d’y réserver nos chambres d’hôtel car nous avons appris que tous les hôtels d’Albuquerque et de ses environs étaient complets à cause de l’afflux de visiteurs provoqué par le Pow Wow du Gathering of Nations.                          
 
Nous prenons l’highway 45 West pour un périple d’environ 900 kilomètres. Au fur et à mesure que nous nous éloignons le paysage verdoyant de l’Oklahoma se transforme en de vastes étendues de sable et de rochers où ne pousse qu’une maigre végétation composée d’arbustes rabougris et de petits cactus. A l’approche de Santa Fé, le paysage devient plus montagneux. Tout autour de nous les plateaux surplombent la route de leurs silhouettes imposantes ornées de centaines de pompons végétaux.              
 
  Une dizaine d’heures nous aura été nécessaire pour atteindre notre destination. Comme nous le pensions, nous avons la chance d’obtenir deux chambres, au premier étage d’un Motel 6, avec vue sur les neiges éternelles de la montagne d’en face.                       
 
Des prospectus, disponibles gratuitement à l’hôtel, nous permettent de décider de notre prochain emploi du temps : nous irons visiter les villages de Cérillos et de Madrid sur « La Route de la Turquoise ».                                          
 
                                                           Cérillos : un village à l’écart du temps                       
 
  En entrant dans ce village où quelques arbres dispensent une ombre rare, nous avons l’impression de faire un bon dans le passé. Dans le silence, dérangé seulement par le piaillement de quelques passereaux, se dresse une petite église aux murs couleur de terre sèche.                   
 
 Nous nous promenons quelques instants le long des maisons de bois et de pierres bordants les petites routes de terre à la recherche de quelques boutiques mais nous nous apercevons vite, à notre grand regret, quelles sont toutes fermées…c’est sans doute l’heure de la sieste !                              
 
                                             Madrid : petit village d’artisans et d’artistes Amérindiens                  
 
    Madrid est un ravissant petit village où les petites maisons de bois, peintes de couleurs vives, resplendissent sous un soleil radieux. Chacune de ces maisons a été transformée en boutique. Une multitude de produits artisanaux y sont proposés : bijoux de turquoise et d’argent, tissages traditionnels, tapis, vêtements divers, minéraux, objets perlés, katchinas… Plus loin, un atelier propose diverses œuvres d’art inspirées de la Culture Amérindienne : sculptures, peintures, poteries… En face, un musée est consacré au « cheval de fer » avec l’exposition d’une vieille machine à vapeur. Enfin, tout au bout de la route, un imposant saloon nous permet de nous abreuver et de nous restaurer.                
 
                                              Découverte de l’aire de danse du Gathering of Nations                      
 
 Depuis la sortie de l’highway nous découvrons, pour la première fois, le bâtiment sportif. Le « PIT » est un grand bâtiment entouré de gigantesques parkings. Il est flanqué, pour l’occasion, d’un immense chapiteau rectangulaire blanc (400 stands y prendront place).                  
 
   Nous sommes jeudi, la veille de l’ouverture du Pow Wow. Nous sommes ici pour nous inscrire afin de participer aux festivités. Devant le bâtiment patiente une foule impressionnante de spectateurs ; ils attendent de pouvoir retirer leurs billets d’entrée. Une hôtesse nous indique le bureau d’inscription réservé aux danseurs, sur le côté du bâtiment.                       
 
Après avoir rempli un questionnaire et nous être acquitté d’une inscription de 18 $ chacun nous obtenons les bracelets (vert fluo pailleté) qui nous serviront de laissez-passer pour tout le week-end.                           
 
   Etant, tous les cinq, très impatient de découvrir cette salle nous entrons. A l’intérieur, la demi obscurité et la fraîcheur contrastent avec la luminosité et la chaleur extérieure. Nos yeux en font le tour… c’est immense ! Après le sas d’entrée nous prenons pieds dans un large couloir circulaire. Nous apercevons les gradins séparés par des escaliers qui descendent vers le terrain de sport situé environ 80 marches plus bas. Au dessus, il y a d’autres gradins, puis, bien plus haut, c’est le plafond orné de plusieurs drapeaux.                          
 
  Un silence reposant règne à l’intérieur et nous imaginons déjà, avec émotion, les mille sons qui empliront demain tout l’espace !...                                   
 
                                                             Le Pow Wow du Gathering of Nations                                      
 
 Nous arrivons tôt ce vendredi matin aux abords du « PIT » mais déjà, le site est méconnaissable tant il y a du monde. L’immense parking est déjà occupé par des centaines de véhicules et il nous est difficile de nous frayer un passage. Un des gardiens du parking s’aperçoit de notre embarras et nous fait signe de nous approcher. Après lui avoir expliqué que nous étions danseurs, il nous demande de nous acquitter de quelques dollars afin d’avoir accès à notre parking réservé.                 
 
Après quelques recherches, nous trouvons enfin une place pour garer le Chevrolet. Sur le parking, à côté de leur voiture, de nombreux danseurs et danseuses sont en train de revêtir leurs costumes. Nous nous préparons à notre tour et prenons la direction de l’une des entrées du bâtiment.               
 
  Comme à l’extérieur, l’intérieur s’agite d’une foule mulicolore à première vue exclusivement Amérindienne. Une multitude de stands divers ont été installés. Comme nous l’avions imaginé l’endroit retenti maintenant de mille bruits. Nous décidons de regagner nos places dans les gradins.                            
 
 Le « speaker » annonce que la danse de « Grande Entrée » va pouvoir débuter. C’est le moment de nous séparer car chaque catégorie de danseurs et danseuses descende par un escalier différent.Femme-Tonnerre et Nuit-de-Pleine-Lune partent ensemble ; Gros-Ours et moi-même rejoignons l’escalier des « hommes traditionnels » tandis que Feuille-Rouge devra retrouver seul les « fancy mens ».                           
 
 Les minutes qui suivent sont très difficilement explicables tant elles sont chargées de bonheur et d’émotion. Les Drums se mettent à battre pour accompagner les chants ; leurs sons puissants emplissent entièrement les lieux et le bonheur d’être là, au milieu de ces peuples que nous aimons tant, vous submerge comme un raz de marée. Vos poils se hérissent, votre gorge se serre et vous avez du mal à retenir vos larmes.                           
 
 Nous avons participé et avons assisté pendant ces deux jours à l’un des plus beaux spectacles de notre vie : des danses traditionnelles : « Grand Entry », « Intertribal » auxquelles nous avons participé avec environ 2000 danseurs et danseuses (Golden Age, Vétérans, Head Dancers, Princess…), des danses spirituelles : « Gourd Dance » et Présentation de l’Aigle (avec un aigle vivant), des « Contests » concours où participaient les championnes et champions (de toutes catégories) tout cela acclamé et encouragé par 30 000 spectateurs.                       
 
 Toute l’équipe de « TERRE ROUGE » espère que cet article vous aura permis de voyager avec nous ! Nous vous souhaitons, à tous, de vivre à fond votre passion !                                      
 
 
 
                                                                               Sincères Amitiés            
                                                                                                             Main-Arc-en-Ciel